Construction bioclimatique
Le contexte. Le point de départ n'était pas un bâti, mais un paysage. La quête d'un lieu central et accessible nous a menés à ce terrain de 4000 m² ouvert sur une immense plaine. La contrainte majeure était éthique : préserver les terres agricoles. Le défi fut d'implanter une construction réversible, respectueuse des sols et permettant la continuité de l'activité de l'éleveur exploitant le terrain.

L'architecture bioclimatique. Nous avons fait le choix radical de l'immersion : aucune clôture. La maison est posée dans la prairie, les vaches paissent devant la façade. L'esthétique vise la simplicité : un volume compact de 30 m² au sol, une "cabane" qui cherche la discrétion. L'orientation plein sud et l'isolation totale en laine de bois rendent le chauffage quasi inutile (500W en appoint).

Une conception évolutive. Contraints par le budget et le temps, nous avons conçu l'architecture comme un "LEGO" géant. La structure ossature bois a été modélisée pièce par pièce en 3D, puis pré-débitée en scierie. En parallèle, nous avons imaginé un phasage du gros œuvre: construire le rez-de-chaussée et la toiture dans un premier temps, puis, des années plus tard, démonter la toiture pour ajouter l'étage sans toucher à la structure déjà en place.

Un chantier participatif. Mené avec deux amis et aidés par notre entourage, ce chantier fut une aventure humaine. Mon rôle d'architecte a été de transformer la complexité technique en un jeu de construction accessible à tous. De la conception des murs-panneaux, à la découpe préalable de toutes les sections structurelles en passant par la gestion du chantier participatif, tout a été calibré pour rendre cette autoconstruction accessible sans faire de compromis sur les enjeux thermiques et écologiques.